Espagne vs Russie
Viva Villa
Auteur d'un triplé face à Russie (4-1), David Villa a fait preuve d'un beau réalisme pour mettre l'Espagne sur les bons rails lors de son premier match de l'Euro 2008. L'attaquant de Valence forme un duo d'enfer avec Fernando Torres. Une association qui représente l'atout majeur de la Roja.
David Villa a donné raison à son sélectionneur Luis Aragones. Coupable selon toute l'Espagne de ne pas avoir sélectionné le Madrilène Raul en équipe nationale, le technicien a montré que ses choix étaient justes. On imagine aisément les Unes des journaux mercredi matin si les Ibériques s'étaient inclinés face à la Russie. Au delà de la défense, c'est le manque d'efficacité en attaque qui aurait été pointé du doigt et les choix du sélectionneur. Ce mercredi, il n'en est rien. Au lieu de ça, on peut lire: "Villa, Merveille" sur Marca. On nous rappelle également que cela fait 18 ans qu'un membre de l'équipe nationale n'avait pas marqué trois buts dans une phase finale d'un grand événement.
L'attaquant espagnol qui fait le bonheur de Mestalla depuis 3 saisons était lui-même surpris d'avoir marqué trois fois. "Je ne pensais pas marquer trois buts dans mes plus beaux rêves, mais c'est arrivé", affirmait-il joyeusement à l'issue du match. Il faut dire que son entente avec Fernando Torres a fait des dégâts dans l'arrière-garde russe. Alors que le joueur de Liverpool avale les espaces et court à tout-va, le "petit" valencian (1,75m) se faufile entre les défenseurs et réussit à déstabiliser ses adversaires grâce à son coup de rein. A l'image de son premier but où il réceptionne un centre de son coéquipier qui a fait le travail sur le côté gauche ou encore le troisième où il élimine le défenseur russe avant de tromper le gardien au premier poteau.
Ambitieux mais discret
L'Espagne a trouvé en Villa un attaquant capable de lui faire oublier Raul. Peut-il permettre à la péninsule ibérique de remporter un deuxième titre continental après son premier trophée acquis en 1964? Une partie de la presse espagnole se charge néanmoins d'atténuer les ambitions débordantes de la "Roja" en soulignant que l'équipe est habituée à échouer en quarts de finales des grandes compétitions. Mais cette fois-ci, contrairement à 2006, où les hommes de Luis Aragones se voyaient bien mettre Zidane à la retraite, aucune déclaration n'est venue troubler le quotidien de la sélection.
Villa est à l'image de cette nouvelle sélection, ambitieuse mais discrète. Comme il y a quelques semaines où la presse l'annonçait du côté de Santiago Bernabeu. Lui ne s'est pas affolé. Si l'occasion se présente il ne dira pas non mais n'ira pas non plus au conflit avec son club. Ancien joueur de Gijon et Saragosse, l'avant-centre sait aussi qu'il doit beaucoup à ses équipiers. Le jeu espagnol rapide et à une touche de balle fait merveille et lui offre de nombreuses possibilités. Meilleur buteur de la sélection avec 17 buts, Villa sait que le salut de l'Espagne passera entre autre par lui. Associé à Fernando Torres en tête d'une équipe en 4-4-2, ces deux-là pourraient permettre à l'Espagne de franchir un palier supplémentaire.











